Devoir de conseil

Obligation légale de l'intermédiaire de recommander une solution adaptée à la situation, aux besoins et aux capacités du client, et de l'éclairer sur les risques. Il se matérialise par une analyse formalisée et une information précontractuelle claire. Son respect engage la responsabilité du courtier et protège l'emprunteur.
À retenir
- Obligation légale de recommander une solution adaptée à la situation réelle du client.
- Se matérialise par une analyse écrite documentée avant toute offre ou signature.
- Le non-respect engage la responsabilité civile du courtier vis-à-vis du client.
- Couvre à la fois le crédit et l'assurance emprunteur lorsque le courtier est IAS.
Questions fréquentes
Comment formaliser concrètement son devoir de conseil ?
Le broker doit recueillir par écrit les besoins, la situation financière et les objectifs du client, puis motiver par écrit pourquoi la solution proposée y répond. Un outil CRM ou une fiche de recueil standardisée permet de tracer cette démarche à chaque dossier. L'absence de cette trace constitue un manquement susceptible d'engager la responsabilité en cas de litige.
Quelle différence entre devoir de conseil et devoir d'information ?
Le devoir d'information consiste à communiquer des faits objectifs, taux, frais, conditions, sans nécessairement les interpréter pour le client. Le devoir de conseil va plus loin : il impose d'analyser la situation du client et de formuler une recommandation personnalisée motivée. Un courtier doit remplir les deux, mais c'est le conseil qui engage sa responsabilité de manière la plus directe.
Le devoir de conseil s'applique-t-il aussi au refinancement d'un prêt existant ?
Oui, le devoir de conseil s'applique à toute nouvelle opération, y compris un rachat ou une renégociation. Le courtier doit vérifier que l'opération est réellement avantageuse pour le client compte tenu des frais de remboursement anticipé, de la durée résiduelle et du coût global. Recommander un refinancement inadapté expose le professionnel à une mise en cause même plusieurs années après l'acte.
En pratique
Un courtier accompagne un emprunteur souhaitant acheter une résidence principale avec un apport limité. Après analyse des revenus, des charges et du profil de risque, il documente dans son CRM pourquoi il écarte une formule à taux variable et recommande un taux fixe sur 20 ans : ce document constitue la preuve formelle de son devoir de conseil.
Sources officielles
- Article L519-1 du Code monétaire et financier · Légifrance
- Autorité de contrôle prudentiel et de résolution · ACPR (Banque de France)